Fini le « Vorsprung durch technik », Audi veut s’approprier la technologie chinoise pour ses prochaines voitures.

Fini le « Vorsprung durch technik », Audi veut s’approprier la technologie chinoise pour ses prochaines voitures.

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Pouvez-vous imaginer une démonstration plus graphique du fait que les constructeurs automobiles européens, jusqu’ici réputés pour leurs innovations techniques, perdent du terrain en raison de leur pari totalement inutile sur l’électromobilité ? Si c’est le cas, vous avez une imagination plus vive que la nôtre.

« C’est ridicule, cha cha cha, rigidement ridicule, cha cha cha, pardonnez-moi, cha cha cha, de me moquer de vous. » Ce passage exact de la pièce Hospoda na mýtince (La taverne dans la clairière), jouée par le théâtre Jára Cimrman, est la première chose qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai pris connaissance de nouvelles informations sur les prochaines étapes d’Audi. Le magazine allemand Automobilwoche, habituellement bien informé, rapporte que la marque aux quatre cercles de son emblème est dans une situation si désespérée qu’elle envisage de collaborer avec un constructeur automobile chinois afin de trouver une plateforme pour ses prochaines voitures électriques.

Non, il n’est pas nécessaire de se pincer les bras ou de se frotter les yeux, vous n’êtes pas vraiment endormi ou sur une autre planète. Mais il ne faut pas s’étonner de votre confusion. Après tout, Audi est le constructeur automobile qui n’a parlé que d’électromobilité ces dernières années. Les Allemands pensent toujours qu’ils ne lanceront plus de nouveaux modèles à moteur à combustion à partir de 2026. Ils prévoyaient d’abandonner les modèles existants au plus tard en 2033. Non pas parce qu’ils y ont été contraints, mais parce qu’ils ont décidé de le faire de leur propre chef, bien au-delà des exigences politiques.

Les projets Artemis et Trinity ont été au cœur de cette expansion électrique, Audi étant à l’origine du premier et Volkswagen du second. À l’heure actuelle, cependant, seul le second semble progresser, et ce à un rythme d’escargot. La prochaine génération de voitures électriques devrait être prête à la fin de cette décennie. Toutefois, il s’agit de voitures grand public, et non de voitures haut de gamme, ce qui constitue un problème majeur pour le groupe, et en particulier pour la marque ornée de quatre cercles interconnectés.

Audi dispose bien de la plate-forme PPE, mais elle est destinée à des modèles plus petits, et non à la berline haut de gamme A8. La prochaine génération devait arriver vers 2026, mais l’effondrement du projet Artemis a jeté de nombreuses fourches dans le mélange. C’est pourquoi le patron du groupe, Oliver Blume, avait déjà donné sa bénédiction à la marque en trouvant un partenaire chinois adéquat. A cet égard, le constructeur FAW, avec lequel Audi travaille déjà, semble être le candidat idéal.

Les deux parties ont même laissé entendre en 2020 qu’elles collaboreraient à l’avenir dans le domaine des voitures électriques de luxe. L’année dernière, le gouvernement chinois a donné son aval au projet, après quoi la construction d’une usine commune dans la province de Jilin a démarré. En outre, la marque de luxe Hongqi, qui dépend de FAW, envisage également de prendre le train de l’électricité. Il est donc possible que les Allemands obtiennent la plate-forme nécessaire de cette source. Et même si cela ne veut pas dire que cette dernière ne serait pas compétitive, cette démarche est tout simplement insensée compte tenu de l’image d’Audi jusqu’à présent.

On ne peut que constater le piège dans lequel tombent les constructeurs européens et les hommes politiques en particulier. La Chine n’a pas seulement les métaux précieux sous la main, elle concentre aussi le plus grand nombre d’experts. Cela s’explique notamment par le fait que le gouvernement local injecte plus d’argent que quiconque dans l’électromobilité. Mais ce n’est certainement pas par pur amour. Au contraire, il constate que son principal obstacle à l’expansion, à savoir la perte d’unités de combustion, est en train d’être éliminé. Qu’elle en profite est compréhensible. Mais que l’Europe s’en accommode n’est plus compréhensible.

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La prochaine génération d’A8 a été préfigurée dans une certaine mesure par le concept Grandsphere de 2021. Selon les dernières informations, la marque ne dispose cependant pas d’une plateforme interne appropriée pour la version de production et devra donc se tourner vers les Chinois. N’est-ce pas embarrassant ? Photo : Audi

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