Le patron de Renault craint une « tempête chinoise » sur le marché automobile européen : les derniers développements lui donnent raison

Le patron de Renault craint une « tempête chinoise » sur le marché automobile européen, les derniers développements lui donnent raison.

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C’est un problème qui n’est pas difficile à voir, mais la grande majorité des constructeurs automobiles européens préfèrent fermer les yeux. Jean-Dominique Senard n’est manifestement pas de ceux-là.

Depuis quelques années, nous nous opposons fermement à l’électrification des voitures imposée par la politique. Cela ne signifie pas que nous sommes opposés à l’énergie des batteries en tant que telle, qui la fabrique, la vend et l’achète comme il l’entend. Le problème est qu’elle est imposée à tout le monde par les politiciens de manière totalement insensée, sans tenir compte de sa pertinence ou même de son acceptabilité pour certaines utilisations, ce qui conduit à d’énormes inefficacités économiques. Il finit également par favoriser des entités de pays et de continents complètement différents, en particulier la Chine.

C’est précisément la « tempête chinoise » à laquelle nous pourrions assister sur le marché automobile européen que Jean-Dominique Senard, le patron de Renault, met aujourd’hui ouvertement en garde. Selon lui, les constructeurs automobiles chinois pénètrent de plus en plus les marchés européens et y gagnent une part de plus en plus importante, notamment dans le segment des véhicules électriques. La raison en est la baisse des prix, principalement due à un meilleur accès aux métaux précieux. « Ce dont je parle ici, c’est de la forte poussée des voitures chinoises importées en Europe. Parce que la Chine a, et personne ne peut le lui reprocher, de plus en plus de mines et d’usines de batteries », a déclaré M. Senard.

En attendant, le patron de Renault s’inquiète surtout de l’escalade de la situation internationale. « Si une crise géopolitique éclate vraiment, les dégâts pour les usines de batteries qui peuvent fonctionner quand elles ont le produit dont elles ont besoin à l’extérieur seront considérables. Et c’est un problème », explique-t-il. Le constructeur automobile français étudie donc toutes sortes de moyens de s’approvisionner en métaux précieux à l’extérieur. Mais une telle démarche est pratiquement irréaliste à l’heure actuelle, car 95 % de tous les métaux précieux sont raffinés en Chine.

En outre, l’Empire du Milieu contrôle plus de la moitié de l’offre mondiale de 17 éléments, qui sont nécessaires non seulement pour les batteries, mais aussi pour les puces électroniques. Il s’agit notamment du gallium et du germanium, dont les exportations ont été récemment restreintes. La Chine a donc réagi principalement aux restrictions américaines, ce qui a porté la guerre commerciale avec les États-Unis à un niveau supérieur. De plus, selon les analystes de l’Eurasia Group, il s’agit d’un « coup de semonce » pour rappeler à l’Amérique, au Japon et à l’Europe l’importance de la Chine.

S’il est agréable de voir les fabricants du monde entier planifier la construction d’usines de batteries sur le vieux continent et dans le nouveau monde, si la Chine ne leur fournit pas les matériaux essentiels, ils n’auront rien à « cuisiner ». Sans parler de la dépréciation souhaitée. L’Union européenne devrait donc reconsidérer l’ensemble de la question, mais sans hystérie climatique. Sinon, il y a un risque réel d’effondrement d’un secteur industriel clé.

Le patron de Renault craint une
Jean-Dominique Senard est apparemment l’un des rares à percevoir le risque d’une « tempête » chinoise, mais une tempête que Bruxelles a surtout provoquée. Photo : Renault

Auto News, CNN

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