La France tente d’arrêter les voitures chinoises avec de nouvelles règles. Elles sont censées les rendre artificiellement chères, mais elles nuiront surtout à la France et à Tesla.

La France tente d’arrêter les voitures chinoises avec de nouvelles règles. Elles sont censées les rendre artificiellement chères, mais elles nuiront à la France et à Tesla.

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Alors que l’Union européenne se demande que faire face à l’invasion des voitures chinoises sur le vieux continent, la France a décidé d’agir. Et c’est encore plus comique que ce que Bruxelles tente de faire. Le mécanisme absurde fera inévitablement des ravages ailleurs.

Ce mois de septembre a marqué un nouveau tournant dans le développement de la « relation automobile » entre l’Europe et la Chine. Pendant des décennies, les entreprises locales ont été les hégémoniques du développement automobile dans le monde ; malgré les marques respectées du Japon ou des États-Unis, ce sont principalement les constructeurs allemands tels que Mercedes, Porsche et BMW qui ont placé la barre pour les autres. Et lorsqu’il s’agit de voitures produites en série, il est difficile de trouver un plus grand expert que Volkswagen, qui a fait presque des miracles par le passé en matière de rapport qualité-prix pour les voitures neuves.

On a envie de chanter « It’s all watery time », comme Waldemar M., mais c’est différent : ce sont les activités de l’Union européenne qui ont été plus ou moins touchées. Elle a commis le péché capital de décider de « réguler le marché pour l’améliorer », ce qui n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais. Le bricolage au coup par coup des « must » et « must not » de l’industrie automobile n’a causé que des dommages partiels dont on pouvait s’accommoder. Mais essayer d’imposer des solutions techniques spécifiques pour les voitures vendues à l’avenir signifie la dévastation progressive de l’industrie automobile locale et la transmission du sceptre à d’autres.

Ces autres sont les marques automobiles chinoises ou locales. Elles ont l’avantage d’opérer sur le plus grand marché automobile du monde, tout en évoluant dans un environnement où l’énergie, la main-d’œuvre et les autres intrants sont beaucoup plus abordables. Tant qu’ils n’avaient pas le savoir-faire, ils ne pouvaient que suivre le mouvement, car dans un environnement aussi techniquement avancé que l’industrie automobile, c’est le centre de gravité de la réussite. Certes, ils auraient de toute façon pris de l’avance, mais l’auraient-ils jamais prise ? Avec tout le respect que je leur dois, les Japonais, les Coréens ou les Américains sont-ils aussi bons que les Européens ? Où sont les Mercedes japonaises, les voitures de sport américaines, les Golf coréennes ? Ils ont beaucoup progressé, c’est indéniable, mais ils n’ont jamais atteint le niveau des originaux. Cela fait des années que l’UE devance les Chinois pour faire disparaître toute cette avance.

Nous ne pensons pas que l’UE le fasse exprès, elle le fait par incompétence, par ignorance, par inexpérience, par simple incompétence que nous voyons dans ses décisions d’aujourd’hui et de tous les jours. L’industrie automobile est censée être décidée par des personnes ayant des dizaines d’années d’expérience dans ce secteur, et non par un gynécologue ou une personne titulaire d’une maîtrise en littérature française. Malheureusement, c’est ce qui se passe, et c’est ce qui se passe – l’industrie automobile européenne est frappée de plein fouet par un passage forcé à une électromobilité non désirée, non compétitive et finalement non durable, qu’elle ne peut d’ailleurs même pas produire à bon marché. La situation des Chinois est très différente.

Au lieu de se boucher le nez, l’UE vient d’afficher pleinement ses manières, que nous n’avons pas hésité à qualifier de communistes. Au lieu d’essayer de rendre l’Europe compétitive grâce à un environnement de marché plus détendu, elle a commencé à explorer les moyens de concurrencer la Chine par le biais du protectionnisme. C’est absurde, non ? On ne se fraie pas un chemin à l’échelle mondiale en continuant à produire ici des déchets coûteux et non désirés par les clients, et en les rendant artificiellement chers pour ceux qui peuvent au moins les produire correctement et à bon marché. Nous ne savons pas comment ce processus va se dérouler, l’approbation des droits de douane pourrait facilement prendre encore un an, mais la France a décidé d’agir maintenant. Et ce n’est plus de la poudre aux yeux.

Même en France, les questions automobiles sont apparemment décidées par des personnes incapables de réfléchir aux conséquences de leurs actes. En tant que membre de l’UE, la France ne peut pas établir ses propres règles en matière d’importation, mais elle peut vouloir jeter des bâtons dans les roues des Chinois par d’autres moyens. Il a donc imaginé un mécanisme véritablement gaulois : les nouvelles règles sont conçues pour examiner la manière dont les voitures électriques proposées dans le pays sont produites. Si elles ne sont pas assez « vertes », elles ne pourront pas bénéficier de la subvention de 5 000 euros (environ 122 000 couronnes tchèques) que la France leur accorde aujourd’hui.

Cela peut sembler obscur, mais il s’agit essentiellement de la part d’électricité produite à partir de charbon dans la production de telle ou telle voiture. En Europe, on ne peut souvent pas se passer du charbon, mais en Chine, on ne peut pas s’en passer du tout, et la règle devrait donc être fixée de manière à ce que les VE fabriqués en Chine ne puissent pas passer pour « verts ». D’une certaine manière, c’est logique, nous ne disons pas le contraire, mais le problème est que la France n’a manifestement aucune idée d’où et comment les voitures sont fabriquées aujourd’hui.

D’une part, il sera très difficile de déterminer l’origine réelle d’une voiture, car le fait qu’elle soit assemblée en Allemagne, par exemple, ne signifie pas qu’elle a été construite en utilisant les sources d’énergie de ce pays. La production la plus énergivore est celle des batteries, qui sont majoritairement fabriquées en Chine pour la quasi-totalité des voitures électriques. La quasi-totalité des nouvelles voitures vont-elles donc perdre la subvention ? Ou la France fermera-t-elle les yeux sur ce qui se passe avant l’assemblage final ? Et qui empêchera les Chinois d’installer une usine d’assemblage en France et de fermer les yeux sur leurs manigances ? C’est mal conçu.

Mais ce n’est pas tout, Reuters a trouvé l’information en question et a contacté des analystes pour leur demander quelles étaient les implications possibles. Leur point de vue est double : premièrement, la subvention est trop faible pour avoir un impact majeur sur les décisions d’achat des personnes qui achètent des voitures coûtant plus de 25 000 euros. Or, seule une poignée de petites voitures électriques entrent dans cette catégorie. Curieusement, la plus invendue d’entre elles est – vous l’avez deviné – la Dacia Spring. Et où cette voiture est-elle fabriquée ? En Chine. Et qui possède Dacia ? Renault. Et qui possède Renault ? Il est effectivement contrôlé par la France en tant qu’État. C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied. Le patron de Renault, Luca de Meo, a déjà fait savoir qu’il se moquait de voir la Springer devenir plus chère et qu’il ne délocaliserait pas la production.

Par ailleurs, les voitures chinoises ne sont pas les seules à être construites en Chine : Tesla n’y construit que des Model 3 pour l’Europe, et assemble même le Model Y à Berlin en utilisant des batteries et d’autres pièces chinoises. La nouvelle règle va donc soit nuire à tout le monde, soit ne nuire à personne, soit affecter principalement Renault et Tesla. Est-ce là ce que voulait la France ? Nous en doutons, car elle vient une fois de plus de décider quelque chose dont elle n’a aucune idée. Nous lui souhaitons bonne chance dans cette direction, les effets exacts de cette idée non encore mise en œuvre devraient être connus d’ici la fin de l’année.

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Les voitures électriques chinoises telles que la MG4 connaissent un grand succès en Europe et les subventions locales servent essentiellement à subventionner la production d’électricité à partir de charbon en Chine. Mais la façon dont la France veut traiter ce problème est tragiquement mal conçue. Photo : MG Motor

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